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L’Entente Oise-Aisne a identifié les aires de sur-stockage des eaux nécessaires à l’étalement des fortes crues des deux rivières. Certaines gravières pourraient renforcer ce dispositif ingénieux de lutte contre les inondations.
Présidée par Philippe Marigny (maire de Compiègne), L’Entente interdépartementale pour la protection des inondations de l’Oise, de l’Aisne, de l’Aire et de leurs affluents rassemble les départements de l’Aisne, des Ardennes, de la Marne, de la Meuse, de l’Oise, du Val d’Oise et de l’Aisne. Avec l’Etat et l’Agence de l’Eau Seine-Normandie, l’Entente a élaboré une Charte de gestion du risque d’inondation sur les bassins versants de l’Aisne et de l’Oise.
C’est, jusqu’en 2006, un cadre général de travail sur les objectifs suivants :
- information et sécurité des personnes et des biens ;
- prévention des dommages en zone urbanisée inondable ;
- gestion des rivières navigables et aménagement de l’Oise au regard des risques d’inondation ;
- préservation et restauration des zones d’expansion de crues ;
- stratégie d’aménagement hydraulique pour réduire le risque.
La charte a été signée à Laon le 8 janvier 2001 par les contributeurs de l’Entente. Les crues de grande ampleur de 1993 et de 1995 ont cruellement frappé les vallées de l’Aisne et de l’Oise. Le phénomène pourrait se reproduire deux à quatre fois par siècle, selon le rapport de l’ingénieur général Dunglas missionné par le Premier ministre et sur lequel s’appuient les objectifs de la Charte.
Plus de cent millions de mètres cubes
Des études préalables ont identifié les endiguements nécessaires et les bouchons hydrauliques à effacer. L’Entente étudie à présent, sur les six années à venir et au-delà, la compatibilité et la concertation d’un ensemble d’aires de stockage et de sur-stockage des eaux.«Il est à noter que, pour les crues moyennes à fortes, c’est la conjonction de l’action de plusieurs aires de stockage qui permettra d’obtenir un effet réducteur du risque à l’échelle du bassin versant» explique Daniel Berthery, ingénieur en chef du génie rural, des eaux et des forêts, directeur des services l’Entente Oise-Aisne.
Quelque 106 sites de sur-stockage théoriques ont été identifiés, dont 86 seraient réellement potentiels.
«Le total n’offre qu’une capacité de 80 millions de m3 d’eau stockée, assure Daniel Berthery. Il faudrait dépasser les 100 millions de m3 pour espérer un effet suffisant sur les crues».
Selon le directeur de l’Entente, les gravières pourraient assurément augmenter les capacités sur-stockage. Six d’entre elles des vallées de l’Aisne et de l’Oise figureraient parmi les sites potentiels.
L’étude d’un site pilote
Les aires de sur-stockage créeront ou rehausseront un ouvrage existant dans le lit majeur. Elles devront retenir l’eau à partir du débit de la crête de crue.
«Les gravières pourraient être d’un grand secours, note le directeur de l’Entente. Leurs réservoirs d’une grande capacité sont déjà installés. C’est l’avantage des gravières. Mais il faut vérifier tout cela avant de les inscrire au programme» indique le directeur de l’Entente.
Dans ce cas d’intérêt collectif et de lutte contre les inondations, les gravières qui serviraient au sur-stockage des eaux des crues resteraient en l’état avant que leurs bassins ne soient équipés d’un chenal d’accès et d’un système adéquat de vidange.
Mais l’Entente Oise-Aisne qui assurera la maîtrise d’ouvrage des aires de sur-stockage, n’en est pas encore là. Elle étudiera d’abord la faisabilité et les effets réels d’un site pilote sur l’Oise, à Longueil-Sainte-Marie, en aval de Compiègne. Les travaux devraient commencer en 2003.
Photo : Daniel Berthery, Directeur des services de l’Entente Oise-Aisne
Légende photo : «Les gravières pourraient être d’un grand secours dans l’étalement des crues».
