Cet article a été affiché le 18 janvier 2008 à 15:31 et déposé sous Transports . Vous pouvez suivre les réponses à cette entrée via le flux RSS 2.0. Vous pouvez laissez une réponse, ou un trackback de votre propre site.

Diligentée par l’Observatoire régional des Transports (ORT) de Picardie et réalisée par ACT Consultants, une étude des flux des granulats d’ici à 2012 incite fortement les carriers à utiliser le rail et la voie d’eau, en plus de la route.
L’étude des perspectives du transport de granulats selon différentes options modales s’est achevée à l’automne 2004. Son préambule dresse un diagnostic de la situation actuelle : « En Picardie, explique-t-il, la Somme est le premier producteur de matériaux avec 35,7 % des extractions picardes, suivi de l’Aisne (33%) et de l’Oise (31,3 %) ». Le diagnostic précise que les matériaux extraits en Picardie sont destinés à 51 % aux zones urbaines et à 29 % aux zones intra départementales. Quelque 17 % des matériaux picards quittent la région tandis que 3 % y demeurent.
« Actuellement, l’Aisne et la Somme peuvent couvrir leurs besoins avec leurs extractions, note l’étude de l’ORT de Picardie. Ce qui n’est pas le cas de l’Oise qui se tourne vers la région Nord-Pas-de-Calais et la Belgique pour s’approvisionner. À l’échéance 2012, les trois départements devront faire appel aux importations ».
Ayant supervisé l’étude, Michel Marseille, adjoint du directeur régional de l’Equipement et François Buguel, responsable du pôle aménagements et transports de la DRE Picardie ajoutent au diagnostic le constat « des carriers qui doivent faire face à la fermeture de certains de leurs sites (fin de période d’exploitation) et à un nombre moins important d’autorisations d’exploiter afin de préserver les réserves ».
Trois scénarii étudiés
L’étude de l’ORT à laquelle a collaboré l’Unicem, modélise les flux de matériaux selon un scénario d’importation maximale (exploitations de carrières actuelles sans renouvellement), un scénario d’importation habituelle (plus de possibilités d’extractions régionales) et un scénario d’importation minimale (exploitations nouvelles de carrières et rythme actuel d’extraction).
Dans le premier scénario, la production picarde chute de 8,7 en 2003 à 4,33 Mt en 2012 avec une hausse des importations de 4 à 7,56 Mt. Dans le scénario intermédiaire, la production régionale baisse de 8,7 à 7,8 Mt avec une stagnation des importations à 4,4 Mt. La production augmenterait de 8,7 à 11,7 Mt dans le cas du troisième scénario avec une baisse des importations de 4 à 1,1Mt en 2012.
Appliquée à la route, au rail et à la voie d’eau, l’étude de l’ORT « constate que les reports modaux les plus importants affectent le premier scénario, un recours maximal aux importations ». Le réseau ferré picard peut très bien supporter l’accroissement le plus important du flux de matériaux à condition de s’assurer d’un nombre suffisant de wagons de grande capacité et de locomotives.
Réseau routier saturé
De son côté, Voies navigables de France (VNF) « estime que son réseau possède une grande réserve de capacité sur la majorité de ses tronçons permettant de doubler voire de quadrupler le trafic fluvial actuel ». Mais VNF est confronté aux départs massifs à la retraite des bateliers, au vieillissement de la cale et aux difficultés d’accès aux lieux de chargements. Quant au réseau routier picard déjà très saturé de camions, il le serait de surcroît avec un regain d’importations de granulats ou de roches dures.
« En conclusion, estiment Michel Marseille et François Buguel, il conviendra d’enclencher un processus de concertation afin de coordonner dans le temps les démarches des carriers, des transporteurs, des gestionnaires de réseaux et des représentants institutionnels. Il faudra déterminer les mesures à mettre en oeuvre pour que l’augmentation prévisible des importations de granulats soit acceptable par l’organisation des transports ».
-Lettre N°16 de l’ORT de Picardie - 56, rue Jules Barni, 80040 Amiens - Tél. : 03 22 82 25 00 - wwww.ort-picardie.net
