Cet article a été affiché le 23 janvier 2008 à 16:38 et déposé sous Béton . Vous pouvez suivre les réponses à cette entrée via le flux RSS 2.0. Vous pouvez laissez une réponse, ou un trackback de votre propre site.

Béton de France, une société CEMEX, possède six centrales à béton en Picardie et imagine, dans l’Oise notamment, de devoir remplacer les granulats alluvionnaires, du fait de leur raréfaction, par des granulats d’autres origines.
« Chaque Français consomme six cents litres de béton prêt à l’emploi par an, explique Daniel Sanson, directeur de Béton de France Nord-Ouest. C’est 40 millions de mètres cubes de béton à produire annuellement en France ». Or le béton de qualité constitué selon les normes NF doit être mis en œuvre sur un chantier une heure et demie au maximum après sa fabrication dans une centrale appropriée.
« Il faut être rapide et bien organisé, précise le directeur. Nous utilisons un réseau de centrales à béton plutôt dense. Leur zone de chalandise n’excède pas une demi-heure de transport par la route ». Béton de France Nord-Ouest possède six centrales dans l’Oise et la Somme (Saint-Firmin, Amiens, Gauville, Beauvais, Creil et Compiègne).Ces unités de production emploient une cinquantaine de personnes et produisent dans l’année 150 000 m3 de béton.
Les plates-formes multimodales
La carrière de GSM en baie de Somme et celle de Lafarge Granulats à Chevrières dans la vallée de l’Oise sont les principaux fournisseurs de Béton de France en Picardie qui fait aussi appel à des approvisionnements plus lointains transitant par la plate-forme multimodale de Boves près de Beauvais.
« Pour faire un mètre cube de béton, il faut 1900 kg de sables et de graviers indique Daniel Sanson. Il ne faut pas que la ressource soit éloignée de la centrale. Pour nous, le granulat alluvionnaire est un matériau de très grande qualité. Mais ses réserves risquent de s’épuiser dans les vingt années qui viennent, dans l’Oise notamment où c’est déjà problématique avec la réduction progressive du nombre de carrières alluvionnaires dans la vallée ».
Le directeur régional de Béton de France imagine à présent de compenser le déficit de granulats alluvionnaires picards par des granulats issus de roches calcaires. Toutefois, il faudrait alors recourir aux capacités de stockage et de distribution d’autres plates-formes en Picardie, recours qui augmenteraient de beaucoup les coûts de transports de la ressource jusqu’aux centrales à béton.
Des gisements en mer
« Nous espérons grandement la construction du canal à grand gabarit Seine Nord qui nous permettrait des approvisionnements réguliers, plus importants et à moindres frais » explique Daniel Sanson. Or, s’il faut en croire aujourd’hui Voies Navigables de France (VNF), le canal Seine Nord (110 km de grande capacité entre Cambrai et Compiègne) pourrait être opérationnel à la fin de 2014. Cette échéance toute théorique pour l’instant correspondrait à peu près au commencement de l’épuisement en Picardie de la ressource alluvionnaire. Cependant, les centrales qu’exploite en Picardie Béton de France ne sont pas installées au plus près de la voie d’eau.
Le groupe explore déjà une autre solution d’approvisionnement de qualité : l’extraction de granulats en mer. Morillon Corvol, une autre société CEMEX, l’expérimente déjà dans la Manche au moyen de bateaux armés de dragues transportant le matériau jusqu’aux quais de déchargement avant sa distribution par route aux centrales à béton.
