Cet article a été affiché le 8 avril 2008 à 14:54 et déposé sous Hors série, granulats . Vous pouvez suivre les réponses à cette entrée via le flux RSS 2.0. Vous pouvez laissez une réponse, ou un trackback de votre propre site.

Quand Laurent Pierrefiche, le patron du Bricomarché de Crouy, dans l’Aisne, du haut de ses 47 ans d’Homme Tranquille, à la John Wayne, vous entretient sur le sujet des matériaux de construction, il sait de quoi il parle. En 1997, il implantait à Trosly-Breuil, à la frontière Oise-Aisne, l’enseigne aux Mousquetaires. Il venait de ses vingt ans de chauffage central.
Et il nous livre de bien intéressants propos sur un matériau, qu’il qualifie de « pas si banal que cela » : les sables et graviers !
« C ‘est la première matière première. Toute construction en découle. C’est la clé d’entrée du rayon Bâti du magasin ». Autant de vérités fondatrices ! Ce matériau représente un volume vendu très important pour l’enseigne de Crouy. Il va servir des fondations à la toiture, et au-delà, pour toutes sortes de clients, les gros entrepreneurs, les particuliers, les artisans, les cultivateurs.
Ses clients règlent leurs achats de sables et graviers au magasin, avant de les enlever au dépôt Bâti. « Il faut de la place, toujours plus !», martèle le Mousquetaire. Trois des 27 salariés permanents, s’emploient dans la cour à satisfaire les besoins en granulats des quelque 1500 clients mensuels du rayon Bâti. 95% sont des particuliers, qui habitent à moins de 15 km de l’enseigne. Ils représentent 14% des clients du magasin.
Dans cet espace, les granulats se présentent en vrac, en sacs et en… bigs-bags.
Bigs Bags
Les 4000 m2 de la cour ne sont pas de trop ! La demande de sables et graviers des habitants croît toujours. Ceux-ci sont très sensibles au conditionnement, même pour les sables et graviers. L. Pierrefiche en vend de plus en plus sous forme de bigs-bags, le vrac restant stable. « On a fait 100 bigs-bags en 2006. Je prévois une hausse en 2007 et 2008 », indique-t-il. « C’est un nouveau produit ici. Mes collègues le font depuis longtemps. A Crépy en Valois, c’est comme ici, de plus en plus. Souvent, le particulier, une fois ses aménagements achevés autour de sa maison, poursuit lui-même les finitions décoratives. Mais il serait chagriné s’il abîmait sa nouvelle pelouse. Alors le big-bag, pour lui, c’est l’idéal ! C’est propre, il n’aura pas à nettoyer. Le livreur effectue le dépôt avec son camion-grue, là où il le souhaite, pas comme le vrac ! ».
Pour les trois salariés de la cour aux granulats, c’est aussi plus simple que de travailler avec un tout-venant en vrac qui colmate, même si les rangées de bigs-bags occupent de plus en plus l’espace. Les reprises sont facilitées pour eux.
« Les artisans se fournissent en 0/4, sables et gravillons ; expose-t-il, les particuliers en sables à enduits, les agriculteurs en tout venant pour l’entretien et le confort de leurs chemins. Les habitants recherchent des cailloux de teintes variées pour les finitions d’allées. Le choix des coloris est large ». Les régions de France sont riches de la diversité des couleurs des sables et graviers.
De la variété
« Nous commençons à manquer de place.» C’est un peu la faute de ces sacrés cailloux, mais le directeur colle à la demande des particuliers de toute manière. L’on comprend mieux pourquoi se baladent tous ces flux de granulats d’un département de France à l’autre.
« Malheureusement, on ne peut mettre en place dix trémies chez nous pour gérer la demande de coloris. » De ce fait les sacs assurent plus aisément que le vrac cette présentation de la palette aux teintes si recherchées, à côté du fameux jaune de la Vallée de l’Aisne.
« Le sac a un rôle rassurant pour le client », laisse entendre le directeur de l’enseigne aux Mousquetaires. « Le sable n’est pourtant pas un produit exceptionnel de complexité, en comparaison d’autres produits, mais le client veut du tout prêt à l’emploi ». L’étiquetage sur les sacs l’informe sur les proportions à respecter pour fabriquer, par exemple son béton.
« Ce qu’il veut savoir, le particulier, c’est combien il va pouvoir faire de mètres carrés avec ses sacs de sables ou graviers. Il n’a généralement pas d’idée sur la densité des granulats ».
Les bricoleurs sereins
« Nous, responsables indépendants de magasins de bricolage de proximité » -Pierrefiche martèle son crédo- « nous sommes rassurés par l’absence totale de réclamations sur ce produit exceptionnel qu’est le granulat. Ce ne sont pas les sables et graviers qui nous stressent ». Il ne s’étend pas sur ce point.
Il semble bien apprécier les salariés qui ont un CAP de maçonnerie en poche ou ceux qui ont vraiment beaucoup, beaucoup bricolé -entendez ceux qui jouent les castors. Rien de tels que ces Mousquetaires pour conseiller les particuliers. ! L’enseigne pointue a monté son propre centre de formation. Chaque responsable de magasin donne volontairement un tiers de son temps pour la collectivité. C’est ce que fait Mr Pierrefiche avec Mr Bary, son confrère de la région Nord Bricomarché.
Le point de vente de Crouy a réalisé 5, 5 millions d’€ de chiffre d’affaires l’an dernier avec ses 13.000 clients mensuels.
Son responsable a de l’indépendance. Il a le choix des fournisseurs de proximité. Il se fournit en granulats sous les trois conditionnements, vracs, sacs, bigs-bags, chez l’exploitant de carrière de Berny-Rivière qui a investi dans des lignes industrielles qui occupent en permanence deux salariés.
